Étudier les tempêtes d’hier, pour anticiper celles de demain

Coordonné par le géographe Pierre Pouzet au LPG et à l’Université d’Angers, et soutenu par l’Agence nationale de la recherche, le projet HiStoTracks s’intéresse aux trajectoires des tempêtes qui ont touché les côtes françaises au cours du dernier millénaire. Objectif : déterminer les facteurs influençant leur déplacement 
et leur impact, pour pouvoir 
se projeter dans un contexte 
de changement climatique.

Pierre Pouzet, porteur du projet HiStoTracks

Enfant, il se rêvait chasseur d’orages. Finalement, après avoir soutenu une thèse de doctorat en 2018, Pierre Pouzet est devenu géographe. À la suite de plusieurs expériences postdoctorales, il a pris ses fonctions de maître de conférences à l’Institut supérieur de l’électronique et du numérique en 2022, avant de rejoindre l’Université d’Angers à la rentrée de 2024.

Le jeune enseignant-chercheur vient d’obtenir le soutien de l’Agence nationale de la recherche, pour son projet HiStoTracks, diminutif de « Trajectoires de tempêtes historiques face au changement climatique au sein de systèmes socio-écologiques côtiers ». « L’idée, c’est de savoir si, au cours du dernier millénaire, on peut observer une évolution dans les trajectoires des tempêtes qui ont frappé la France, explique le membre du Laboratoire de planétologie et géosciences. Et quels sont les facteurs à l’origine de ces variations ? »

Archives écrites 
et environnementales

Si les données météorologiques sont relativement faciles à trouver pour le siècle dernier, la tâche s’avère plus compliquée quand on remonte le temps. Pierre Pouzet ira chercher les traces des événements marquants dans les archives écrites (récits de naufrages, paiements des assurances…) et environnementales (carottes sédimentaires, impacts sur les arbres…). « L’objectif est de constituer une grande base de données spatialisées. À partir de là, on pourra observer s’il y a eu des évolutions, ce qui a pu les influencer au niveau climatique, océanographique, et travailler sur le développement d’un modèle qui permettra de dégager des tendances à moyen terme. On sait que dans le futur, on va observer une augmentation des tempêtes tropicales. Mais qu’en est-il sous nos latitudes ? On se sert du passé pour pouvoir se projeter dans le futur, en repérant les zones côtières qui seront davantage susceptibles d’être exposées », résume Pierre Pouzet.

Pour ce projet de quatre ans, qui prendra fin en mars 2030, Pierre Pouzet va collaborer avec Meryem Mojtahid, Cyril Fleurant et Grégoire Maillet, enseignant.es-chercheur.es au LPG, Johan Vincent, historien au Temos (Univ. Angers), Ayyoub Frifra et Mohamed Maanan, géographes au LETG (Nantes Univ.) et Olivier Planchon et Albin Ullmann climatologues à Biogéosciences (Univ. Bourgogne/CNRS). L’enveloppe de 313 000 € accordée par l’ANR servira notamment à financer une thèse en géographie, qui débutera à la rentrée 2026, un poste d’ingénieur d’études en histoire et un post-doctorat en informatique pour travailler sur la partie modélisation.

Publié le 3 mars 2026