Exposition « La Science taille XX elles » – Portrait de Magali Schweizer, océanographe

« Mieux connaître les environnements marins pour mieux les protéger »

Magali Schweizer est enseignante-chercheuse de l’Université d’Angers au Laboratoire de planétologie et géosciences[1]. Elle étudie les foraminifères, de petits organismes unicellulaires dont la plupart ont une coquille, afin d’identifier les différentes espèces présentes dans l’environnement et évaluer la biodiversité passée ou présente dans les milieux marins.

Lors de ses études en archéologie préhistorique – équivalent à une licence et un master – à l’Université de Genève, suivant la piste de restes retrouvés dans une grotte du Doubs, Magali Schweizer s’est d’abord intéressée aux ours des cavernes et aux ours bruns. Parallèlement, elle poursuit une licence en biologie où elle découvre les foraminifères, des protistes[2] omniprésents dans les milieux aquatiques et même dans les sols. « A l’époque, on connaissait beaucoup moins bien ces microorganismes … que les ours des cavernes » sourit-elle. Elle part ensuite aux Pays-Bas pour effectuer un doctorat en géosciences sur les foraminifères.

Aujourd’hui, Magali Schweizer cherche à mieux comprendre ces protistes dont les mieux connus protègent leur unique cellule dans une coquille en calcaire ou en grains agglutinés. Elle s’intéresse à leur écologie, à leurs modes de vie, à leurs stratégies d’alimentation : certains consomment des bactéries, d’autres des diatomées ou vivent en symbiose. Dans les estuaires et les fjords, « je recherche aussi des espèces invasives qui pourraient proliférer et perturber l’écosystème ». Elle utilise pour cela l’ADN environnemental (ADNe), plus précisément l’ADN présent dans les sédiments, afin d’identifier les fragments libérés par les organismes. Cet outil permet d’établir un inventaire précis de la biodiversité actuelle mais aussi passée. Les fossiles de foraminifères constituent également une archive naturelle unique pour comprendre leurs adaptations face aux changements rapides de température, de pollution, ou face à l’acidification des océans. En combinant analyse des fossiles et recherche d’ADNe, elle étudie leurs réponses physiologiques, morphologiques ou génétiques aux stress environnementaux. A terme, elle espère pouvoir les étudier dans les profondeurs de l’océan.

Enseignant également les géosciences à l’Université d’Angers en licence et master, Magali Schweizer observe que la part de femmes diminue plus l’on s’avance dans les études et carrières scientifiques, « parce qu’il est souvent question de faire un choix entre la vie de famille et sa carrière si l’on n’a pas la chance d’avoir un conjoint qui souhaite partager les tâches domestiques » souligne-t-elle, elle qui a deux enfants. Sans pour autant mettre les garçons de côté ni donner l’image d’une superwoman, elle souhaite donner l’exemple : « je voudrais montrer aux jeunes filles, dès le plus jeune âge, que les filières scientifiques peuvent offrir de nombreux débouchés et qu’elles peuvent se projeter dans des carrières auxquelles elles ne pensent pas forcément ».


[1] LPG, Univ Angers/Nantes Université/Le Mans Université/CNRS

[2] Un protiste est un organisme vivant unicellulaire

« Cette exposition a reçu le soutien de l’ANR, du Programme d’investissement d’avenir ETOILE porté les SUIO-IP des universités d’Angers, de Nantes et du Mans*, de la Casden banque populaire, de la MGEN et de Renault Group. La fondation Le Mans Université, la fondation Université d’Angers et la mission Égalité de Nantes Université ont également apporté un soutien à ce projet. »
 

Publié le 19 février 2026