Exposition « La Science taille XX elles » 2026 – Portrait de Magali Schweizer, océanographe

Une nouvelle édition du projet « La Science taille XX elles » voit le jour en 2026 sur le territoire des Pays de la Loire ! Pilotée par le CNRS en Bretagne et Pays de la Loire, Le Mans Université, Nantes Université, l’Université d’Angers et l’association Femmes & Sciences, elle mettra à l’honneur vingt nouveaux portraits de femmes de science afin de lutter contre les stéréotypes de genre qui éloignent les filles des métiers liés à la recherche scientifique.

Le dispositif « La Science taille XX elles », impulsé conjointement par le CNRS en Occitanie Ouest et l’association Femmes & Sciences en 2018, célèbre la pluralité des talents dans l’univers scientifique. Il aspire ainsi à déconstruire les stéréotypes de genre qui y persistent et à proposer des modèles de femmes différentes et investies dans les sciences quelle que soit leur discipline afin de susciter des vocations auprès des jeunes filles et des jeunes femmes. Articulé autour d’une exposition photo, réalisée par le photographe Vincent Moncorgé, et adossée à des rencontres, le projet entend faire rayonner et faire voir les diversités de celles qui œuvrent quotidiennement au développement de la recherche, en laboratoire ou encore en entreprise : techniciennes, doctorantes, ingénieures d’études et de recherche, chercheuses et enseignantes-chercheuses, etc.

L’édition « Pays de la Loire » s’inscrit dans une démarche pédagogique, en mettant l’accent sur l’ancrage territorial. En valorisant des femmes scientifiques ambassadrices, l’exposition offre au public ligérien des modèles inspirants issus de leur territoire, stimulant ainsi leur intérêt pour les sciences dont celui de Magali Schweizer, enseignante-chercheuse de l’Université d’Angers et au Laboratoire de planétologie et géosciences

« Mieux connaître les environnements marins pour mieux les protéger »

Magali Schweizer étudie les foraminifères, de petits organismes unicellulaires dont la plupart ont une coquille, afin d’identifier les différentes espèces présentes dans l’environnement et évaluer la biodiversité passée ou présente dans les milieux marins.

Lors de ses études en archéologie préhistorique – équivalent à une licence et un master – à l’Université de Genève, suivant la piste de restes retrouvés dans une grotte du Doubs, Magali Schweizer s’est d’abord intéressée aux ours des cavernes et aux ours bruns. Parallèlement, elle poursuit une licence en biologie où elle découvre les foraminifères, des protistes[2] omniprésents dans les milieux aquatiques et même dans les sols. « A l’époque, on connaissait beaucoup moins bien ces microorganismes … que les ours des cavernes » sourit-elle. Elle part ensuite aux Pays-Bas pour effectuer un doctorat en géosciences sur les foraminifères.

Aujourd’hui, Magali Schweizer cherche à mieux comprendre ces protistes dont les mieux connus protègent leur unique cellule dans une coquille en calcaire ou en grains agglutinés. Elle s’intéresse à leur écologie, à leurs modes de vie, à leurs stratégies d’alimentation : certains consomment des bactéries, d’autres des diatomées ou vivent en symbiose. Dans les estuaires et les fjords, « je recherche aussi des espèces invasives qui pourraient proliférer et perturber l’écosystème ». Elle utilise pour cela l’ADN environnemental (ADNe), plus précisément l’ADN présent dans les sédiments, afin d’identifier les fragments libérés par les organismes. Cet outil permet d’établir un inventaire précis de la biodiversité actuelle mais aussi passée. Les fossiles de foraminifères constituent également une archive naturelle unique pour comprendre leurs adaptations face aux changements rapides de température, de pollution, ou face à l’acidification des océans. En combinant analyse des fossiles et recherche d’ADNe, elle étudie leurs réponses physiologiques, morphologiques ou génétiques aux stress environnementaux. A terme, elle espère pouvoir les étudier dans les profondeurs de l’océan.

Enseignant également les géosciences à l’Université d’Angers en licence et master, Magali Schweizer observe que la part de femmes diminue plus l’on s’avance dans les études et carrières scientifiques, « parce qu’il est souvent question de faire un choix entre la vie de famille et sa carrière si l’on n’a pas la chance d’avoir un conjoint qui souhaite partager les tâches domestiques » souligne-t-elle, elle qui a deux enfants. Sans pour autant mettre les garçons de côté ni donner l’image d’une superwoman, elle souhaite donner l’exemple : « je voudrais montrer aux jeunes filles, dès le plus jeune âge, que les filières scientifiques peuvent offrir de nombreux débouchés et qu’elles peuvent se projeter dans des carrières auxquelles elles ne pensent pas forcément ».

> Retrouvez l’ensemble des portraits des ambassadrices 2026


[1] LPG, Univ Angers/Nantes Université/Le Mans Université/CNRS

[2] Un protiste est un organisme vivant unicellulaire

« Cette exposition a reçu le soutien de l’ANR, du Programme d’investissement d’avenir ETOILE porté les SUIO-IP des universités d’Angers, de Nantes et du Mans*, de la Casden banque populaire, de la MGEN et de Renault Group. La fondation Le Mans Université, la fondation Université d’Angers et la mission Égalité de Nantes Université ont également apporté un soutien à ce projet. »
 

Publié le 19 février 2026