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Soutenance de thèse

Mathilde KERVAZO

"Impact de la fusion partielle sur la dissipation de marée dans les manteaux silicatés des lunes de Jupiter Io et Europe"

Le jeudi 9 décembre à 14h - Faculté des Sciences et Techniques - Université de Nantes - La soutenance se tiendra en présentiel et distanciel

Résumé : La présence d'un océan interne sur Europe en contact direct avec le manteau silicaté, ainsi que l'activité volcanique spectaculaire observée sur Io, sa voisine, soulèvent la possibilité d'une activité volcanique sur le plancher océanique d’Europe. Une façon de générer une telle activité est la dissipation de marée dans un manteau silicaté (ou rocheux) partiellement fondu. L'objectif de cette thèse est d'étudier le rôle de la fusion partielle des manteaux d'Io et d'Europe sur la dissipation en cisaillement et en volume, la contribution de cette dernière n’ayant encore jamais été quantifiée auparavant dans un manteau silicaté. Pour ce faire, j’ai modélisé la déformation viscoélastique du manteau d’Io et d'Europe et j’ai quantifié l'influence d'une couche partiellement fondue, en supposant différentes lois rhéologiques paramétrisant l’effet de la fusion partielle sur les propriétés anélastiques des roches. Pour Io, j’ai déterminé la structure rhéologique du manteau silicaté en termes de distribution de la fusion partielle nécessaire pour expliquer le bilan thermique actuel. Pour Europe, j’ai estimé l'effet de l'accumulation du produit de fusion sur le taux de dissipation local de son manteau. Les résultats sont discutés en termes de flux de chaleur, de distribution et d'amplitude de la déformation de marée, de manière à pouvoir être comparés aux futures mesures des missions spatiales. Ces travaux montrent que l’effet de la fusion partielle sur la dissipation de marée en cisaillement et volume doit être pris en compte pour caractériser les corps planétaires telluriques, que ce soit dans le système solaire ou les systèmes exoplanétaires.

Directeur de thèse : Gabriel TOBIE, Directeur de Recherche CNRS
Co-encadrants : Caroline DUMOULIN, Enseignante-chercheure Univ. Nantes - Gaël CHOBLET, Directeur de Recherche CNRS