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Mission au débouché du glacier Kronebreen en Arctique

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Les Iles Svalbard sont à ce jour la zone de l’Arctique la plus touchée par les effets du changement climatique.
Dans l’archipel, les nombreux fjords montrent des signes plus ou moins avancés de ses conséquences.
Certains ont désormais complètement perdu leur banquise et montrent un dégel estival remarquable des glaciers terrestres, d’autres montrent des volumes de glace de mer hivernale en faible diminution.

Le Kongsfjorden (NW Svalbard) est dans une phase intermédiaire, avec une réduction drastique de la banquise hivernale et un allongement de la période estivale de fonte des glaces terrestres.
La directe conséquence de ces processus de dégel est l’apport massif de sédiments érodés sur le continent et transportés dans le fjord par les eaux de fonte, avec un impact significatif sur la productivité primaire (réduite à cause de la turbidité des eaux), et sur la stabilité physique et chimique des habitats benthiques.

Le projet BEGIN (BEnthos under Arctic melting Glacier Influence) vise à comprendre le fonctionnement biogéochimique des écosystèmes benthiques sous influence des charges sédimentaires transportées vers le fjord par les eaux d’écoulement des glaciers terrestres arctiques et des glaciers tidaux en période de fonte.

Un suivi trisannuel de la réponse des foraminifères benthiques et du réseau trophique aux fluctuations géochimiques (disponibilité de la matière organique) et instabilités sédimentaires (dépôts massifs récurrents) est organisé dans le Kongsfjorden, au débouché du glacier Kronebreen au Svalbard.
La 1ère mission à Ny Ålesund (79°N) s’est déroulée du 26 Avril au 10 mai 2021.

En laboratoire, différents scenarii d’apport sédimentaire (fréquences et quantités) seront testés pour évaluer les temps de résilience des microhabitats et des faunes après des épisodes de dépôt massifs et déterminer l’effet de la colonisation des dépôts récents semi-fluides par la méiofaune en termes de compaction/stabilisation de la colonne sédimentaire et de distribution des microhabitats géochimiques.

 

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Port de Ny Alesund - © Hélène Howa - LPG

 

Les analyses faunistiques et géochimiques à haute résolution spatiale se feront par une combinaison de techniques en cours de développement au LPG, les gels 2D et le CT-Scan de mini-carottes enrésinées.

Le projet BEGIN est financé par le CNRS, projet LEFE INSU, et est porté par Pia Nardelli, Maître de conférences à l'Université d'Angers, rattachée au LPG. Il est co-financé par le biais du projet KONBHAS - Kongsfjorden new Benthic HAbitatS (Agnès Baltzer, OSUNA) et l'Institut Polaire Français.

 

Crédit images : Lancement d'une bouteille Niskins - Hélène Howa - LPG